Votre site et votre application sont-ils vraiment accessibles à tous ? Rien n’est moins sûr !
Chaque jour, des utilisateurs abandonnent des sites et des applications parce qu’ils ne peuvent pas naviguer correctement, lire les contenus ou effectuer certaines actions qui semblent pourtant simples. Ce phénomène n’est pas seulement frustrant pour eux : il représente aussi un impact économique et organisationnel pour les entreprises.
En France, près de douze millions de personnes vivent avec un handicap, sans compter celles dont les limitations sont temporaires ou liées à l’âge. Pour elles, un site ou une application non accessible se traduit par des obstacles concrets : elles manquent des informations, ne peuvent pas compléter les formulaires ou utiliser certains services.
Depuis 2005, la législation impose aux services de communication publique en ligne de rendre leurs contenus accessibles à tous. Le Référentiel Général d’Amélioration de l’Accessibilité (RGAA) précise les critères techniques à respecter, en cohérence avec les standards internationaux WCAG. Les entreprises et administrations qui ne respectent pas ces obligations s’exposent à des sanctions mais plus encore, peuvent voir leur image fragilisée.
Depuis le 28 juin 2025, les obligations pour les entreprises privées ont été renforcées. Celles qui emploient plus de dix personnes ou génèrent un chiffre d’affaires supérieur à deux millions d’euros et proposent des services au public, doivent désormais se conformer aux critères du RGAA. Elles doivent publier une déclaration d’accessibilité, désigner un référent et mettre en place un schéma d’amélioration pluriannuel. En cas de non-respect, les sanctions peuvent atteindre 25 000 euros, avec des astreintes journalières pouvant aller jusqu’à 3 000 euros.
Les obstacles à l’accessibilité peuvent être subtils mais ont des conséquences concrètes. Les images ou illustrations sans texte alternatif rendent certaines informations totalement inaccessibles pour les utilisateurs de lecteurs d’écran, une page structurée uniquement avec des paragraphes, sans titres hiérarchisés, peut être incompréhensible, ou les interactions basées uniquement sur le clic excluent de nombreux utilisateurs, tandis qu’un contraste insuffisant ou une typographie trop fine rend la lecture difficile pour les personnes malvoyantes. Même des éléments plus discrets, comme l’absence de repères visuels pour la navigation ou des boutons trop petits pour être activés facilement sur un mobile, peuvent compliquer l’accès à un service. Mais au-delà des personnes en situation de handicapes, ces difficultés concernent également les seniors, les utilisateurs d’appareils mobiles ou ceux disposant d’une connexion lente.
Pour améliorer l’accessibilité, certaines solutions techniques sont simples à mettre en œuvre. Ajouter des textes alternatifs aux images, structurer les contenus avec des balises sémantiques appropriées, garantir que toutes les actions peuvent être effectuées au clavier ou encore vérifier les contrastes et la taille des polices, sont des mesures qui augmentent significativement l’accessibilité.
L’accessibilité doit être intégrée dès la conception des services numériques. La formation des équipes en charge du développement et de la maintenance des sites et applications est essentielle pour que ces bonnes pratiques soient appliquées durablement. Ces mesures améliorent l’expérience pour tous les utilisateurs et facilitent la navigation, la lecture et l’utilisation des services numériques.
Vous pensez respecter les normes d’accessibilité ?
L’accessibilité numérique n’est pas un simple bonus : elle influence directement la capacité des services à atteindre tous leurs publics et à fonctionner conformément aux exigences légales. Elle conditionne aussi la perception que les utilisateurs ont de l’entreprise et la qualité de son image auprès du public.
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Autrice : Aline Gauthier
